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Moteur electrique retrofit : comment choisir et installer un kit de conversion sur votre véhicule

Le grondement d’un twin qui laisse la place à un sifflement électrique… hérésie ou nouvelle façon de tracer la route ? Depuis quelques années, le rétrofit – la conversion d’un véhicule thermique en électrique – passe du délire de bricoleur de génie à une vraie option pour passionnés. Et la bonne nouvelle, c’est que les motos sont désormais dans la danse.

Si tu te demandes comment choisir un moteur électrique de retrofit, quel kit installer sur ta bécane, et à quoi t’attendre niveau montage et paperasse, on va dérouler ça ensemble, sans poudre aux yeux, mais avec la passion bien vissée au guidon.

Pourquoi rétrofiter sa moto thermique en électrique ?

Avant de parler câbles haute tension et packs de batteries, il faut répondre à la vraie question : pourquoi se lancer là-dedans plutôt que d’acheter directement une moto électrique neuve ?

Plusieurs raisons peuvent donner du sens au rétrofit :

Par contre, le rétrofit n’est pas qu’une histoire de tournevis et de batterie. Il y a un cadre légal, surtout en France, qu’il faut respecter si tu veux rouler sur route ouverte l’esprit tranquille.

Ce que dit la loi en France sur le rétrofit moto

Depuis la loi LOM et les textes qui ont suivi, le rétrofit est officiellement encadré en France. D’abord réservé aux voitures, il a progressivement été ouvert aux deux-roues. Mais on ne fait pas ça « à la sauvage ».

Les points clés à retenir :

En clair : on peut bricoler pour le plaisir dans son garage, mais si tu veux rouler sur route, il faut suivre le cadre légal, sous peine de rouler sans assurance valide et en infraction.

Comment choisir son kit moteur électrique de retrofit

Un bon kit de conversion, c’est un peu comme choisir un moteur et une partie-cycle pour un projet de café racer : tout se joue dans l’équilibre. Trop puissant, tu flingues l’autonomie ou la fiabilité. Pas assez, tu t’ennuies. Mal choisi, tu compliques l’homologation.

Voici les critères à passer au crible.

1. Définir ton usage réel

Pose-toi la question sans filtre :

Plus ton usage est urbain, plus un kit compact, avec une autonomie modérée mais un couple vif, aura du sens. Pour des balades périurbaines, tu vises un compromis entre performance et capacité batterie.

2. Puissance du moteur (kW) et couple

Le moteur électrique se choisit en kW et en couple, pas seulement en « équivalent cm³ ». Sur une moto rétrofitée :

Garde en tête que l’électrique offre le couple immédiatement. Une moto rétrofitée de 8 kW bien réglée peut être plus vive au démarrage qu’une 125 thermique.

3. Tension système et batterie

Deux notions importantes :

Le choix doit s’aligner sur ton usage. Inutile de viser 200 km d’autonomie si tu ne fais que des sauts de puce en ville.

4. Compatibilité châssis / emplacement

Sur une moto thermique, le moteur et le réservoir occupent des volumes que tu vas réutiliser pour :

Un bon kit de retrofit moto prévoit souvent :

Avant d’acheter, vérifie si le kit a déjà été monté sur le même modèle de moto, ou au moins sur un châssis très proche.

5. Type de transmission

Deux grandes options :

Pour un vrai feeling moto, la plupart des projets sérieux privilégient le moteur central, quitte à être un peu plus complexes à installer.

6. Fournisseur et support technique

Un kit pas cher trouvé au fin fond d’un marketplace asiatique sans schéma clair ni homologation, c’est le meilleur moyen de :

Privilégie :

Tu n’achètes pas juste un moteur, tu achètes un système.

Que contient un kit de conversion typique ?

Chaque kit a ses spécificités, mais tu retrouveras en général les éléments suivants :

À côté de ça, tu gardes généralement :

Installation : les grandes étapes sur une moto

On ne va pas faire ici un tuto boulon par boulon, mais poser le fil directeur du montage. Et soyons clairs : si tu vises une homologation, le chemin le plus raisonnable consiste à travailler avec un professionnel du rétrofit, quitte à faire une partie de la main-d’œuvre toi-même sous son contrôle.

1. Démontage de la partie thermique

On sort :

La moto se retrouve « à nu », mais plus légère… en attendant le poids des batteries.

2. Présentation et fixation du moteur électrique

Le moteur est positionné dans le cadre :

Ici, la précision mécanique est cruciale : alignement, rigidité, absence de jeu. Un montage approximatif ruinera rapidement la chaîne, voire le moteur ou la transmission.

3. Intégration des batteries

C’est souvent le point le plus délicat :

Sur certaines préparations, le réservoir d’origine est vidé pour servir de « coque » et de volume de rangement pour l’électronique, tandis que les batteries occupent l’ancienne place du moteur et de la boîte.

4. Câblage haute et basse tension

Le faisceau se divise en deux mondes :

Les bonnes pratiques :

5. Interface pilote

On installe :

C’est aussi le moment de vérifier que tu gardes ou adaptes :

6. Tests statiques et dynamiques

Avant de partir plein gaz, on passe par :

Une fois tout validé, le travail administratif peut commencer.

Points de vigilance : sécurité, assurance, entretien

On touche ici au nerf de la guerre : rouler en règle, et rouler sans transformer ta moto en grille-pain sur roues.

Sécurité électrique

Un système haute tension mal conçu peut être dangereux :

D’où l’importance :

Assurance

Après transformation :

Rouler avec une moto transformée non déclarée, c’est s’exposer à un refus de prise en charge en cas d’accident.

Entretien et longévité

Une fois bien monté, un système électrique demande peu d’entretien :

Le moteur lui-même a très peu de pièces d’usure par rapport à un thermique. Mais une batterie maltraitée (charges rapides sauvages, stockage toujours à 100 %, températures extrêmes) verra sa capacité chuter plus vite.

Pour quel type de motard le rétrofit a du sens ?

Le rétrofit ne s’adresse pas à tout le monde. Si tu vis pour les longues virées de 400 km dans la journée, que tu adores le caractère mécanique d’un gros twin ou d’un quatre-cylindres pétulant, l’électrique – et donc le rétrofit – risque de te laisser sur ta faim.

Par contre, le retrofit commence à devenir vraiment cohérent si :

Et surtout, si tu veux continuer à rouler avec “ta” moto, celle que tu connais par cœur, mais avec un cœur différent sous le réservoir.

Le moteur électrique retrofit, ce n’est pas la fin de la poésie mécanique. C’est une autre strophe du même poème : moins d’odeur d’essence, plus de couple instantané, un autre type de silence. À chacun de voir s’il préfère le battement d’un piston ou le souffle discret d’un rotor aimanté.

Mais si tu décides de franchir le pas, choisis ton kit avec rigueur, respecte la loi, ne bricole pas la sécurité, et entoure-toi de pros quand c’est nécessaire. La liberté, c’est aussi ça : savoir jusqu’où on peut aller seul, et quand il est temps de s’inventer une nouvelle route avec d’autres au bord de la piste.

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